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Samedi 5 Mars.
Festival du Bois à Coquitlam.
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New York - That vertical city with unimaginable diamonds.
There is no place like it, no place with an atom of its glory, pride and exultancy. It lays its hand upon a man’s bowels; he grows drunk with ecstasy; he grows young and full of glory, he feels that he can never die.
Walt Whitman a raison. In New York, you feel you can never die.
New York. Son rythme, ses lumières, son bruit, son odeur.
New York, c’est une femme.
Je la vois s’approcher; démarche arrogante, trop sûre d’elle-même.
Je m’avance vers elle; son parfum trop fort pénètre mon esprit, et s’en empare, et me désempare.
Des diamants trop brillants. Des talons trop aiguilles. Un décolleté trop osé. Un rouge à lèvres trop rouge.
Elle me parle. Une voix suave. Un regard sombre. Elle sort une cigarette, et fume.
Élégante. Grave. Puissante.
Mature, mais pas âgée.
Arrogante, mais pas insolente.
Chic, mais pas superficielle.

Paris, ma femme. New York, mon amante.
Je reviendrais.
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New York City - 12 au 15 février 2011
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Un dimanche (mais ils devraient tous être comme ça).
Un dimanche commence par une grasse matinée. Parce qu’on a fait la fête la veille, avec les amis.
Un dimanche se réveille avec le soleil qui rentre dans la chambre, et qui vient chauffer les pieds jusque sous les draps. Un dimanche ouvre ses yeux et voit l’océan, les montagnes enneigées, les gros paquebots qui se traînent doucement jusqu’au port.
Un dimanche sourit avant de se lever.
Un dimanche prend sa douche, en chantant. Et aussi en pensant à son brunch.
Un dimanche traverse le campus en marchant tranquillement, les mains dans les poches.
Un dimanche entre dans Only You café. Il va commander le premier des Today’s Specials. 2 sausages, 2 bacons. Eggs? Overeasy. Bread? Multigrain. Et ah oui aussi un petit café.
Un dimanche va s’asseoir à l’une des petites tables couvertes de toile cirée jaune, comme dans la cuisine à la maison. Il mange son brunch tranquillement.
Un dimanche prend ensuite le 99, jusqu’à son terminus. Il descend à Commercial Drive.
Un dimanche va à Britannia Rink et joue au Family hockey. Avec des très petits, et des très grands. Il ne tient pas trop bien sur ses patins, et il a un peu peur des grands qui vont vite et des petits qui vacillent, mais enfin, il s’amuse bien. Et puis les crosses sont en plastique, et les palets en mousse. Alors…
Un dimanche remonte ensuite Commercial Drive. Il passe devant cette vieille cabine téléphonique rouge, comme à Londres. Il passe aussi devant un magasin qui vend des articles d’occasion: il s’arrête pour voir les gants de base-ball, les anthologies de littérature britannique, les vieux patins à glace, les luges en bois, et ce gilet des New York Giants. Il passe devant cette boulangerie parisienne, Paris Bakery: “Lo Banh Mi Paris Chuyên Cung Câp Si Va Le” nous précise la devanture.
Un dimanche entre dans le Prado Café, vous savez ce café en briques bien rouges, à l’angle de la rue.
Un dimanche s’installe à une petite table en bois clair, près des grandes fenêtres qui donnent sur la rue. Le soleil inonde la salle, et met en valeur les poutres claires au plafond, et les tomettes bien rouges qui pavent le sol. Il va commander un café, et travaille toute l’après-midi au soleil.

Alors que le soir tombe, un dimanche prend le bus et revient Downtown.
Un dimanche se termine toujours par un dîner de famille, et une partie de poker.
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Vendredi 17 Décembre.
Promenade post-exams à Spanish Banks et Jericho Beach.
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Samedi 20 Novembre.
Coucher de soleil sur Wreck Beach enneigée.
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SEATTLE
Je n’ai jamais rencontré les Etats-Unis. Bien entendu, comme tout le monde, on me l’a présentée, cette géante. J’ai entendu ses présidents, à la radio, vu sa société, à la télé, lu ses frasques à l’étranger, dans les journaux. Mais jamais je ne lui avait serré la main. En vrai je veux dire.
Le voyage en train vaut vraiment le coup. Un lac qui se cache derrière une montagne. Des forêts de sapins immenses. Et puis, d’un seul coup, l’ouverture sur l’océan, et le soleil qui se lève sur White Rocks. Merveilleux.
Je sors de la gare et tombe nez à nez avec Qwest Field, le grand stade de Seattle. Je marche au hasard dans les rues, et me retrouve naturellement en plein Pioneer Square. Autour de moi, rien d’autre que de la brique rouge. Et du lierre. Et encore de la brique rouge. Et ah, par terre, de la brique rouge. J’étais plongée en pleine Révolution Industrielle américaine.
Je continue ma promenade, avec l’impression que la ville penche dangereusement vers l’océan: toutes les rues descendent en effet abruptement vers le Waterfront. C’est assez drôle quand on marche parallèlement au Waterfront. Moins drôle quand on monte, d’ailleurs.
Au détour d’une rue, et sans m’y attendre, je me retrouve devant le Pike Market Place. C’est un très joli et très grand marché couvert, où l’on trouve de tout: poisson (le risque est d’ailleurs très grand de s’en prendre un en pleine figure, les pêcheurs se lançant les immenses saumons entre eux, ne faisant guère attention aux badauds qui se promènent), épicerie fine, articles de magie…
Je mange un fish and chips accoudée à un comptoir d’où l’on peut voir l’océan, et les chantiers navals de Seattle.
Ensuite, un petit café dans le premier Starbucks ouvert au monde, en 1971. L’intérieur, tout en bois, me donnait l’impression d’être au fond de la cale d’un gros navire marchand.
En sortant, l’image de Seattle, ville de musique underground se confirme alors que je croise un jeune homme assis sur un bidon en train de taper sur des bidons. Ces petits concerts de rue sont fréquents à Seattle.
J’arpente les rues au hasard et me retrouve sur le Waterfront. J’apprécie la ballade en me laissant baigner par le soleil et en respirant le bon air salé. Je prends ensuite un ferry public pour Bainbridge Island.
Le soir, je rejoins mon auberge de jeunesse, située pile en face du Starbucks. Je rencontre une Australienne, passionnée folle des USA. Nous allons boire un coup ensemble, ambiance folle dans le bar pour supporter les Seahawks de Seattle.
Le lendemain je me lève tôt et remonte les rues vers le Space Needle, cette immense aiguille qui pique le ciel de Seattle.
Le musée de la musique -Experience Music Project. On le sait, Seattle, c’est la ville du rock and roll. Jimi et Kurt ont commencé ici. Le musée était génial. Très interactif, et du son, partout partout toujours. Pour la première fois, j’ai joué de la guitare électrique, de la basse et de la batterie (en STUDIO s’il vous plaît!).
Je sors, toute contente d’avoir vécu cette expérience musicale, me sentant comme une petite Jimi Hendrix, et avec les premières notes de Come As You Are dans la tête.
Fremont, un quartier au nord de Seattle. Une heure et demie de marche depuis Downtown. Ce quartier vaut le détour, vraiment. Ne serait-ce que pour son ambiance peaceful. Si l’on marche un peu, on trouve cette petite colline, nommée Kite Hill: en effet parfaite pour faire du cerf-volant, mais surtout parfaite pour avoir une belle vue sur Seattle, et le petit port de Fremont.
Seattle m’a bien accueillie, bras ouverts et soleil de sortie. Seattle m’a charmée, avec son visage souriant et coloré, et sa musique, toujours, en fond.
J’ai serré la main des Etats-Unis, mais il faut maintenant qu’on prenne un café ensemble, et qu’on parle plus longuement. Tu ne crois quand même pas que tu allais t’en tirer comme ça…
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SWEET OCTOBER
Life is sweeter and sweeter for me in Vancouver. This lively city adopted me, and I accepted her as my new home. I got my bearings and now, I really feel home here.
It takes time to discover the nooks and crannies of such a big city, and I know it’s not tomorrow that I’ll be able to tell someone “Oh if you want to go to Granville Island, the shortest way is … ” or “My favourite bar is definitely this one, where they served the best lager I’ve ever tasted”
Thus my backpack and I decided to yomp in the streets of Vancouver, eyes wide open to capture the tiniest details of what could happen around me. I want to see everything, to taste everything and to feel everything is Canadian. I want to feel Canadian.
I took the bus 99 until the end: I was in Commercial Drive. This place is at the same time NOT and SO Vancouver. It is not the business-wealthy-haughty Vancouver with its huge skyscrapers built only to amazing you. It is the laidback-hippie-cosy Vancouver. Weird vintage clothes you would never wear but that you love. Warm little cafés you take refuge in when it’s cold and raining outside. You can sit there for hours, and just watch umbrellas walking in the street. I love this place. If I had to chose one place to live in, it would definitely pick this one.
I took the bus 4 until Pender St @ Carrall St: I was in Chinatown. I liked that place. Shops here are amazing. I mean, not this shop that will sell you a chicken curiously yellow and anorexic. But look at that place: as soon as I pushed the door, my mind was flooded with thousands of sweet oriental perfumes. A nice little woman welcomed me with a cup of Jasmine tea. Some women were drinking tea on a large table at the back of the shop. I bought some tea, and continued my trip in Chinatown.
I took the bus 19 until the end: I was in Stanley Park. I think this is the most beautiful park I’ve ever seen. I wandered here for the whole day, enjoying the nature, the sweet sun, the seawalk and the ocean. My mind was absolutely peaceful. I was directly connected with nature. Nature, my mind and nothing else.
I’ve been taken to some cool and nice places since I’ve arrived here: this crazy Japanese restaurant in Gastown where the waiters belt out what you ordered once you’ve chosen, this cute little bar on Broadway where millions of tinsels light the beautiful wooden tables and your delicious honey-tasting chicken wings.
Life is peaceful in Vancouver. I feel home here.
And oh! I was about to forget this so important point: I bought my first iceskates.
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NICE TO MEET YOU, VANCOUVER
Quitter la France n’a pas été chose facile. Sentimentalement parlant je veux dire. Matériellement, il suffisait d’embarquer 43 kilogrammes d’affaires dans une soute, une personne en 2e classe, et d’expédier tout ça 8 570 kilomètres vers l’ouest.
Après 13 heures de vol, me voilà donc sur le sol canadien. C’est donc ça le Canada. Deux langues. Des fontaines géantes dans les aéroports. Pluie et brouillard. 1 heure au service de l’immigration, et 20 minutes de plus à la section Agriculture pour un pot de 250g de miel.
C’était mon premier contact avec toi, Canada. Mais je vais rapidement découvrir que ton paysage ne se limite pas à un tarmac sous la pluie, ni tes habitants à des agents d’immigration froids.
Mon vrai premier contact avec toi, Canada, c’est lorsque j’ai mangé mon premier Breakfast Sandwich chez Tim Hortons.
C’est lorsque j’ai descendu les 470 marches qui mènent à Wreck Beach, et que j’ai dormi sur ces troncs d’arbres immenses couchés sur la plage et qui cachent les corps nus de ceux qui souhaitent goûter l’océan de tout leur être.
C’est lorsque j’ai vu mon premier petit squirrel au pied d’un immense érable.
C’est lorsque j’ai bu mon premier Cranberry juice et mangé mon premier Ponderosa Cake.
C’est lorsque j’ai regardé un match de football américain chez Vera’s.
C’est lorsque j’ai pris ce bus de banlieue et que j’ai vu se côtoyer sur la banquette une vieille femme japonaise, une femme voilée, et un homme portant un énorme turban orange.
C’est lorsque j’ai eu ma carte de fidélité à Safeway.
Moi, j’habite à Vancouver.
J’habite dans une très grande forêt, avec des arbres qui touchent le ciel. Je vais en cours à côté d’un jardin de roses. Lorsque je quitte mon livre à la bibliothèque, je vois l’océan, et les montagnes.
Je bois ma bière au Pit Pub et je suis maintenant supportrice des Thunderbirds. J’essaie d’apprendre les règles du base-ball et ressent une grande excitation à l’idée que la saison de hockey va bientôt commencer. Je prends mon café et mon muffin aux blueberries dans le SUB.
J’ai des frissons sur les bras lorsque j’entends résonner ton hymne et je tords mon cou pour voir flotter ton drapeau.
Canada, moi je t’aime bien.
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Le départ commence là.
Un départ commence toujours par un au revoir. Mon départ commence donc aujourd’hui avec ce premier au revoir en gare de La Ciotat.
L’été est passé vite, finalement. Comme tous les étés en somme. Mais celui-là avait une saveur particulière. Il avait un goût d’évasion. Un goût d’ailleurs.
Un goût de stracciatella. La douceur chaude des rues romaines. Un ristretto, grazie. Est!Est!Est - ciao amici.
Un goût de sangria. L’odeur méditerranéenne du Passeig de Gracià. Un café con leche, gracias. Pa amb tomaquet.
Un goût de moules-frites. Et déjà le regard porté par l’océan. Au loin. Très loin.
C’est là que commence le voyage. Je te quitte, vieille Europe.
A bientôt.
